Congrès de l'APLIUT 2018

40e édition

Thème

Ré-fléchir l'internationalisation des formations: quels dispositifs d'enseignement/apprentissage des langues de spécialité, professionnelles ou générales ?

Appel à communications

Le sociologue Guy Rocher définit l’internationalisation comme se référant : « aux échanges de diverses natures, économiques, politiques, culturels, entre Nations, aux relations qui en résultent, pacifiques ou conflictuelles, de complémentarité ou de concurrence [...] » (2001 : 19).


Toutes les structures des sociétés sont affectées par l’internationalisation, y compris les formations au sein de l’enseignement supérieur. Les IUT, qui dispensent des formations à visée professionnelle, entrent également dans le cadre de l’internationalisation, qui concerne les enseignants de langues dans la mesure où la maitrise des langues de spécialité/professionnelle contribue à améliorer l’employabilité.
L’internationalisation à l’IUT est une réponse à la demande du monde professionnel d’acquisition d’un savoir-être professionnel, d’un savoir-agir, et d’une adéquation à une demande croissante de professionnalisation et d’internationalisation des étudiants dans les enseignements en France et en mobilité (programme Erasmus + [2014-20], stages). Il s’agit pour l’IUT de se positionner comme acteur qui prend le temps de la réflexion en vue d’aller vers une internationalisation non imposée. Car l’internationalisation a des effets négatifs sur les pratiques linguistiques comme l’ont montré les travaux de Claude Truchot qui a travaillé sur la gestion des questions de langues dans les entreprises.
L’IUT, de par sa position stratégique entre le lycée et le second cycle de l’université où de plus en plus de masters « s’internationalisent », devient le lieu privilégié de réflexion pour l’internationalisation en lien avec la professionnalisation. Structurellement transdisciplinaire, l’IUT se veut un lieu de propositions qui articulent la spécialité et la « langue », en collaboration étroite entre enseignants de langues et collègues de spécialité au sein d’un même département.
Les formations dispensées à l’université visent non seulement à développer les compétences attendues dans le monde professionnel et à l’international mais aussi à insérer les étudiants dans la société. Cet ensemble complexe peut se décliner à trois niveaux : micro (les formations), méso (le monde professionnel, la société) et macro (l’international). Tous les acteurs du système interagissent. Il conviendrait donc qu’ils coopèrent en intégrant chaque niveau afin de mettre en place une internationalisation réfléchie, qui s’inscrive dans une stratégie régionale de rayonnement.
Les communications pour le congrès pourront porter sur les axes suivants (liste illustrative mais non exhaustive).
Pourquoi internationaliser les formations (niveaux micro, méso, macro) ? Quels sont les enjeux linguistiques, culturels, sociaux et politiques, économiques ?
On pourrait se poser les questions suivantes :
- Étant donné que les formations dispensées en anglais se multiplient de façon exponentielle dans de très nombreux établissements supérieurs en Europe (Derivry-Plard et al, 2013), on peut se demander de quel type d’anglais il s’agit. Une lingua franca, une langue auxiliaire internationale (Lévy-Leblond, 1996), ou un globish ? Quel est l’usage de la langue française ? / Quelle place lui est accordée ?
- Lorsqu’on parle de langue et d’internationalisation, on parle également de culture. Dans un monde plurilingue et pluriculturel, quelle est la part du plurilinguisme et du pluriculturalisme dans les formations ? Quelle est la place de la communication interculturelle ? Comment développer les compétences interculturelles ? Comment envisager l’intercompréhension pour favoriser la communication entre diverses cultures ?
- Dans ce contexte d’internationalisation, où placer l’éducation à la citoyenneté car apprentissage des langues et citoyenneté européenne sont liés (CECRL, 2001) ?
Comment internationaliser les formations ? (niveaux micro, méso, macro)
- Quels critères de qualité appliquer à l’action d’enseigner et à celle d’apprendre (Dubourg-Lavroff et al., 2015 : 27) ?
- Quels sont les besoins des enseignants et des apprenants ? Quelles mesures d’accompagnement innovantes (linguistique, didactique, méthodologique, psycho-affective, technologique, etc.) proposer ?
- Quelle évolution des dispositifs EMILE ? Les pistes pourraient concerner, par exemple, l'effet de l'EMILE sur la motivation des étudiants pour la langue étrangère et sur leurs performances langagières ; le rôle de l’enseignant de langue et de spécialité, l’intégration de ces dispositifs dans l’organisation des savoirs de l’université, etc.
- Comment l’IUT peut-il s’inscrire dans une structuration du secteur LANSAD incluant l’internationalisation des formations, structuration qui constitue la première étape de la mise en place d’une « politique des langues » de site ? En quoi ces évolutions impactent-elles le rôle des acteurs du LANSAD ? Evolutions sous forme d’alourdissement, de diversification, de multi-compétences ?
- Comment concilier une politique de formation visant à développer l’attractivité régionale avec une démarche qualité ?


Bibliographie
Conseil de l’Europe. (2001). Cadre européen commun de référence pour l’apprentissage et l’enseignement des langues. Strasbourg: Conseil de l’Europe, Paris: Didier.
Derivry-Plard, Martine, Faure, Pascaline, Brudermann, Cédric. (2013) : Apprendre les langues à l’université au 21ème siècle, Paris, Editions Riveneuve,
Dubourg-Lavroff, S., Champion P, Delpech de Saint-Guilhem, J., Nattiez R. 2015. Bilan des enseignements non francophones dans l’enseignement supérieur. Rapport N° 2015-050 de l’IGAENR.
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid93887/bilan-des-enseignements-non-francophones-dans-l-enseignement-superieur.html
Lévy-Leblond, J.-M. 1996. « La langue tire la science ». In Sciences et Langues en Europe. Paris : EHESS, 235-245.
Rocher, G. 2001. « La mondialisation : un phénomène pluriel ». In Une société-monde ? Les dynamiques sociales de la mondialisation, sous la direction de Daniel Mercure. Québec : Les Presses de l'Université Laval et De Boeck Université, 17-31.
Truchot, Claude. « Les effets négatifs d’une telle décision sont connus en Allemagne ». L’Humanité, 2013. https://www.humanite.fr/tribunes/les-effets-negatifs-d-une-telle-decision-sont-conn-543502

Comité Scientifique

Claire Chaplier, Présidente du comité scientifique, Université Toulouse 3 - Paul Sabatier.

Monica Alaez-Galan, IUT Paul Sabatier, Université Toulouse 3
Anne-Laure Dubrac, Université Paris-Est Créteil
Joëlle Farigoux, IUT du Limousin, Université de Limoges
Dan Frost, Université Grenoble Alpes
Noëlla Gaigeot, Maine Université, Le Mans
Laura Hartwell, Université Toulouse 1 Capitole
Danielle Joulia, IUT Paul Sabatier, Université Toulouse 3
Nicole Lancereau-Forster, IUT Paul Sabatier, Université Toulouse 3
Corinne Landure, IUT d’Epinal, Université de Lorraine
Emilie Lumière, Université Toulouse 2 - Jean Jaurès
Marie-Pierre Martinez, IUT de Metz, Université de Lorraine
Julie Morère, IUT de Nantes, Université de Nantes
Linda Terrier, Université Toulouse 2 - Jean-Jaurès

Conférenciers

Nom

Beacco

Prénom

Jean-Claude

Nom

Graham

Prénom

Lesley

Nom

Henderson

Prénom

Alice

Nom

Pagèze

Prénom

Joanne

Nom

Roussel

Prénom

Stéphanie

Nom

Walters

Prénom

Adam

Conférences

Jeudi 31 Mai

Heures Conférence Salle Intervenant(s)
11h00-12h00 Développement des enseignements disciplinaires en anglais à l’université de Toulouse 3 Amphi 28 Adam Walters
14h15-15h15 Equi[i]per les enseignants et les ingénieurs pédagogiques pour l’internationalisation Amphi 28 Lesley Graham et Joanne Pagèze

Vendredi 1 Juin

Heures Conférence Salle Intervenant(s)
9h00-10h00 Apprendre un contenu disciplinaire en langue étrangère : enjeux politiques, théoriques et pratiques pour l'internationalisation des formations Amphi 28 Stéphanie Roussel
14h00-15h00 L’internationalisation des formations d'enseignement supérieur : de politique en didactique Amphi 28 Jean-Claude Beacco

Samedi 2 Juin

Heures Conférence Salle Intervenant(s)
9h00-10h00 EMILE dans l’internationalisation de l’enseignement supérieur français : la prononciation encore et toujours orpheline ? Amphi 28 Alice Henderson

Ateliers

Indisponible

Programme du congrès

Le programme définitif du congrès sera bientôt mis en ligne.

Pré-programme téléchargeable au format PDF: